Adrien DELARCHES

Nous ne disposons que de peu d’information sur sa personne sinon qu’il était ouvrier tondeur dans une Manufacture (Bonvalet ?) amiénois, né vers 1760. Il ne resterait que son invention : « La mécanisation des forces ».

Forces de tonte

Amiens était au 18ème siècle, une cité de fabricants de drap de laine et de velours. Ces étoffes nécessitaient au cours de leur ennoblissement, une tonte au minimum pour éliminer les duvets de surface et ainsi obtenir une surface nette.
Cette opération était assurée par les tondeurs qui utilisaient des forces : paire de lames réunies par un ressort de rappel en fer à cheval, et pour les velours, équipée d’un pied réglable en hauteur selon la hauteur du poil, d’un poids d’environ 25Kg.

Tondeurs (Gallica-BNF)

« C’est dans l’égalité des mouvements que consiste la perfection du travail du tondeur… »

Nous pouvons imaginer l’importance de cette opération dans la qualité du produit fini.
« A Amiens, l’attente d’une machine à tondre pour remplacer les tondeurs était omniprésente. Cette machine a été imaginée et construite par le Ci-devant DELARCHES d’Amiens. Elle est en activité depuis 1790 dans une fabrique de cette ville pour opérer des tontes sur de pannes (velours à poil couché). Le citoyen Ci-devant DELARCHES aidé par la SEIN (Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale) a définitivement appliqué sa machine à la tonte de draps. »

Machine à tonte mécanisée

Appréciations des commissaires l’examen en 1792 :
« Un seul homme pouvait surveiller quatre de ces mécaniques qui tondaient à la fois un même nombre de pièces. Nous trouvons que huit tondeurs coûteraient 3400 Frcs  i.e. le quadruple de ces quatre mécaniques qui feraient le même travail. »

Il n’est pas difficile d’imaginer les craintes qu’une telle invention allait susciter.
Le mouvement ouvrier né outre-manche vers 1812, le Luddisme, pour contrer cette invention, en est la preuve, nous y reviendrons.

1er Prix du concours Retraite & Bénévolat CARSAT 2017

Chers amis et adhérents,

Nous souhaitons partager avec vous ce grand moment de reconnaissance pour nos bénévoles qui ont rapporté à Amiens, avec le dossier de Philippe Choquart et Anne Goutel Lequai, le 1er Prix des Hauts de France du concours Retraite & Bénévolat 2017.

Veuillez trouver ci-joint quelques photos de la remise des prix.

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MACHINE A IMPRIMER ET TRAVAUX FACADE

Bonjour à tous,

Les travaux de restauration de la façade avancent à très bon rythme. Voici quelques photos de nos bénévoles en pleine action!

Egalement, les travaux sur la machine à imprimer avancent lentement mais sûrement. Nos sommes en pleine réflexion concernant le futur emplacement de cette machine et tous les travaux annexes qui auront lieu.

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Les racines textiles d’Amiens

Dès l’époque carolingienne, il est fait mention de laine, de tonte et de tissage à Corbie ou St Riquier.

Au Moyen-Âge, le tissage persiste malgré les progrès de la grande draperie flamande, et les marchands drapiers d’Amiens sont inscrits dans la Hanse des 17 villes drapantes du nord de la France.

La guède que nous appelons Waide chez nous, pousse aisément sur les sols limoneux et très humides de nos vallées. Elle était exploitée par les grands propriétaires fonciers dont les représentants participent aux destinées de la ville.

Les draperies et le commerce de la Waide perdaient de leur ancienne prospérité à la fin du XVème siècle. C’est l’introduction de la sayetterie (fabrication des étoffes de laine pure ou mélangée d’un peu de soie ou de poil) et du tissage du lin qui donna à la région une seconde chance.

Fin  XVIIème siècle commence la production de velours de Mohair.

En 1670 Nicolas MARESSAL est encouragé à introduire à Amiens la fabrication des camelots (étoffe fabriquée en poils de chèvre ou de laine) façon de Bruxelles et de Hollande. En 1692 c’est César Antoine GUERARD pour les peluches (velours à longs poils) façon d’Angleterre.

En 1756, Alexandre BONVALET*(en savoir plus) innove et réalise les premières impressions sur étoffes de laine à Saint Maurice, dans sa manufacture des Etoffes Fleuries. Il invente l’impression en relief des velours de Mohair, ainsi que de l’impression à chaud des toiles à la planche de cuivre, puis en 1775 l’impression au cylindre sans raccords manuels (décrits par Roland de la Platière – 1780).

En 1766 Les DELAHAYE et les MORGAN introduisent les velours de coton (à cotes par trames). De 2000 métiers battant recensés dans la ville d’Amiens au temps de Colbert, il faut en compter 5600 au milieu du XVIIIème siècle. A cette époque c’est 100 000 personnes dans la province qui tirent totalité ou partie de leur subsistance du travail du lin, de la laine, du coton. Références ?

En 1794 arrive pierre COSSERAT *(en savoir plus) marchand fabriquant, en 1832 Eugène COSSERAT créée la manufacture qui produit des velours façon UTRECHT pour l’ameublement et des velours trame coton pour l’habillement.

Au XIXème siècle l’industrie textile amiénoise résiste à la concurrence étrangère, elle vend ses tissus de laine au Brésil, à l’Allemagne, à la Belgique, à la Suisse, et surtout aux Etats-Unis. En 1893 s’ouvrent les colonies françaises. Mais partout la concurrence s’aggrave, et Amiens doit s’orienter vers l’industrie de la confection. Celle-ci s’installe en 1852, occupe 1500 ouvriers en 1878 et plus de 5000 en 1901.

Au XXème siècle, alors que le textile va reculer sans cesse et perdre la première place, Raymond DEWAS*(en savoir plus) demeure une personnalité qui a marqué le monde du tissage en inventant le métier à tisser sans navette, 80% des métiers vendus dans le monde aujourd’hui sont équipés de son invention.

SAINT Frères*(en savoir plus), innovera dans son domaine, ses ateliers de recherche mettront au point dans les années 1950, le premier métier à tisser circulaire qui permettra de produire des sacs en Jute sans couture latérale.  

* de nombreux éléments de cette page sont tirés de « l’Histoire de la Picardie » aux éditions PRIVAT -1974