Les racines textiles d’Amiens

Dès l’époque carolingienne, il est fait mention de laine, de tonte et de tissage à Corbie ou St Riquier.

Au Moyen-Âge, le tissage persiste malgré les progrès de la grande draperie flamande, et les marchands drapiers d’Amiens sont inscrits dans la Hanse des 17 villes drapantes du nord de la France.

La guède que nous appelons Waide chez nous, pousse aisément sur les sols limoneux et très humides de nos vallées. Elle était exploitée par les grands propriétaires fonciers dont les représentants participent aux destinées de la ville.

Les draperies et le commerce de la Waide perdaient de leur ancienne prospérité à la fin du XVème siècle. C’est l’introduction de la sayetterie (fabrication des étoffes de laine pure ou mélangée d’un peu de soie ou de poil) et du tissage du lin qui donna à la région une seconde chance.

Fin  XVIIème siècle commence la production de velours de Mohair.

En 1670 Nicolas MARESSAL est encouragé à introduire à Amiens la fabrication des camelots (étoffe fabriquée en poils de chèvre ou de laine) façon de Bruxelles et de Hollande. En 1692 c’est César Antoine GUERARD pour les peluches (velours à longs poils) façon d’Angleterre.

En 1756, Alexandre BONVALET*(en savoir plus) innove et réalise les premières impressions sur étoffes de laine à Saint Maurice, dans sa manufacture des Etoffes Fleuries. Il invente l’impression en relief des velours de Mohair, ainsi que de l’impression à chaud des toiles à la planche de cuivre, puis en 1775 l’impression au cylindre sans raccords manuels (décrits par Roland de la Platière – 1780).

En 1766 Les DELAHAYE et les MORGAN introduisent les velours de coton (à cotes par trames). De 2000 métiers battant recensés dans la ville d’Amiens au temps de Colbert, il faut en compter 5600 au milieu du XVIIIème siècle. A cette époque c’est 100 000 personnes dans la province qui tirent totalité ou partie de leur subsistance du travail du lin, de la laine, du coton. Références ?

En 1794 arrive pierre COSSERAT *(en savoir plus) marchand fabriquant, en 1832 Eugène COSSERAT créée la manufacture qui produit des velours façon UTRECHT pour l’ameublement et des velours trame coton pour l’habillement.

Au XIXème siècle l’industrie textile amiénoise résiste à la concurrence étrangère, elle vend ses tissus de laine au Brésil, à l’Allemagne, à la Belgique, à la Suisse, et surtout aux Etats-Unis. En 1893 s’ouvrent les colonies françaises. Mais partout la concurrence s’aggrave, et Amiens doit s’orienter vers l’industrie de la confection. Celle-ci s’installe en 1852, occupe 1500 ouvriers en 1878 et plus de 5000 en 1901.

Au XXème siècle, alors que le textile va reculer sans cesse et perdre la première place, Raymond DEWAS*(en savoir plus) demeure une personnalité qui a marqué le monde du tissage en inventant le métier à tisser sans navette, 80% des métiers vendus dans le monde aujourd’hui sont équipés de son invention.

SAINT Frères*(en savoir plus), innovera dans son domaine, ses ateliers de recherche mettront au point dans les années 1950, le premier métier à tisser circulaire qui permettra de produire des sacs en Jute sans couture latérale.  

* de nombreux éléments de cette page sont tirés de « l’Histoire de la Picardie » aux éditions PRIVAT -1974

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